De FlusserPubliésChapitres de livres1975 Technologie et Imaginaire

1975 Technologie et Imaginaire

Technologie et imaginaire, un ouvrage paru en 1975, rend compte d’une table ronde transdisciplinaire le 8 mai 1973 à l’Institut de l’Environnement à Paris, une école expérimentale inspirée du Bauhaus et de l’École de Design d’Ulm. L’Institut s’intéressait à la fusion des disciplines et à la refonte de l’enseignement de l’architecture : le mot « environnement » était une tentative de dépasser des concepts académiques stagnants et englobait tout, de la psychologie à l’architecture en passant par l’art, le design ou l’agriculture. En 1974, Flusser y donna sa conférence sur Le Monde codifié. Technologie et imaginaire fut le précurseur de futurs projets français comme « Les Immatériaux », exposition du Centre Pompidou organisée en 1985 par Jean-François Lyotard et Thierry Chaput, qui prenait en compte les « nouveaux matériaux » du numérique et des biotechnologies, et qui aura d’ailleurs un impact certain sur la pensée de Flusser.

La table ronde de 1973 comprenait huit personnes en plus de Flusser : Klaus Blasquiz, chanteur et percussionniste du groupe de rock progressif Magma; Alexandre Bonnier, artiste, ami de Flusser et organisateur du cursus d’arts plastiques à l’Institut; le réalisateur Enrico Fulchignoni, chef du département audiovisuel de l’UNESCO, qui donnait également des conférences à la Sorbonne; Jeanne Gatard, peintre et compagne d’Alexandre Bonnier; le sculpteur Piotr Kowalski; le théoricien de l’information Abraham Moles, un ami de Flusser ; le physicien et ingénieur Erich Spitz, d’origine tchèque, directeur du laboratoire central de Thomson C.S.F., consacré à l’électronique, à l’aérospatiale et aux technologies de défense, et inventeur dans les domaines des radiocommunications, des disques optiques pour le stockage de l’information et des écrans plats à cristaux liquides; et Jean Zeitoun, mathématicien travaillant sur les modèles architecturaux et les technologies de l’information et de la communication.

Annonçant les arguments de Orthonature Paranature, Flusser répondait ainsi dans cette table ronde au théoricien de l’information Abraham Moles et au physicien Erich Spitz en décrivant la différence entre le passé et le présent : « Dans la tradition dont vous parlez toujours, il y avait deux domaines de la condition humaine : le domaine de la nature et le domaine de la culture. L’homme était dominé par la nature et s’est libéré de la nature en faisant la culture. Aujourd’hui, la situation est tout à fait différente, je suis dominé par les choses de la culture. La nature a disparu de l’horizon de ma situation. J’oublie que ces choses de la culture qui me dominent ne sont pas données comme les choses de la nature, mais elles sont manipulées par quelqu’un pour me dominer. Et c’est ça ma nouvelle situation. » Vers la fin de la discussion, Flusser expliquait cela plus en détail, montrant comment la philosophie a intérêt à considérer des catégories telles que la nature, la culture, l’art et la science. « C’est justement la différence qu’il y a entre la science de la nature et la science de la culture, parce que les choses de la nature n’ont réellement pas une dimension symbolique et nous allons découvrir qu’elles ont la signification que nous y mettons. Alors que les choses de la culture sont vraiment toutes des symboles, parce qu’elles sont faites par l’homme et que l’homme est ‘symbolisant.’ L’homme donne vraiment une signification à tout. La culture, y compris la technologie, sont symboliques. »

L’Institut de l’Environnement n’existe plus depuis 20 ans ou plus. Nous n’avons pas été en mesure d’identifier si un autre éditeur détiendrait des droits sur ce livre. Si c’était le cas, qu’il nous contacte pour être reconnu.

Vous trouverez ici :
– la couverture du livre
– une brève note de présentation
– la page de titre
– les biographies des participants
– la transcription de la table ronde

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